Avis Ultimea Poseidon D60 : ce kit 5.1 Dolby Atmos vaut-il le coup ?

Ecrit par Systempro

07/03/2026

Les haut-parleurs intégrés d’un téléviseur trahissent presque toujours les films et les jeux vidéo qu’ils sont censés sonoriser. Dialogues étouffés, basses inexistantes, effets d’action qui tombent à plat : la solution existe, encore faut-il qu’elle ne nécessite pas le budget d’un système Bose ou Samsung à 600 euros. L’Ultimea Poseidon D60 joue précisément cette carte, avec un kit 5.1 complet compatible Dolby Atmos vendu autour de 199 euros.

Le produit a été démonté, branché, réglé et écouté sur plusieurs semaines, dans un salon classique et sur des contenus variés. La marque, la fabrication, l’amplification, la connectique, le firmware et le rendu sonore ont chacun été passés au crible, avec un objectif : aller au-delà de la fiche technique pour dire ce qui fait réellement la différence à l’usage.

Ultimea, une marque encore discrète mais en progression

Ultimea n’a pas encore la notoriété de Sonos ou de JBL, mais la marque construit patiemment sa réputation sur le segment de l’entrée de gamme audio. Sur Trustpilot, où 332 avis étaient recensés au moment de la rédaction, la note moyenne reste solide, portée par un service après-vente que plusieurs clients décrivent comme réactif : un acheteur ayant rencontré un décalage audio sur un modèle D50 raconte avoir été échangé sans frais contre la D60, avec un suivi jugé compréhensif. Ce genre de retour compte, car sur ce segment de prix, la qualité du support client fait souvent plus la différence que l’écart de quelques décibels entre deux caissons de basses.

La gamme Poseidon ne se limite d’ailleurs pas au D60. Le D60 occupe une position intermédiaire : il conserve la compatibilité Dolby Atmos des modèles supérieurs, sans l’application mobile ni l’égaliseur 10 bandes réservés aux versions plus chères comme le D80. C’est un choix assumé de simplicité, qui explique en partie le tarif contenu.

D60
testé ici
D70
gamme sup.
D80 Boom
app + EQ 10 bandes
Aura A60
commande vocale

Unboxing : tout ce qui accompagne la barre de son

Le carton livre l’essentiel sans fioritures. On y trouve :

Ultimea Poseidon D60 déballé
  • une barre de son équipée de trois haut-parleurs de 2,25 pouces ;
  • un caisson de basses doté d’un driver de 5,25 pouces, qui se connecte sans fil à la barre une fois les deux appareils appairés en usine ;
  • deux enceintes satellites arrière, chacune équipée d’un haut-parleur de 2,25 pouces, reliées au caisson par un câble RCA de six mètres, suffisamment long pour traverser un salon de taille moyenne sans contrainte de placement ;
  • quatre supports muraux pour l’installation de la barre et des satellites ;
  • un câble HDMI, un câble optique numérique et un adaptateur jack 3,5 mm vers RCA ;
  • une télécommande et un manuel d’utilisation multilingue.

Petit détail qui a de quoi surprendre à l’ouverture : la télécommande ne fournit pas ses piles AAA. Une conséquence probable des nouvelles réglementations européennes sur les batteries entrées en vigueur en 2024, mais qui oblige à fouiller un tiroir avant la première mise en

Une fabrication soignée malgré le format réduit

Un format compact rime rarement avec une fabrication soignée sur ce segment de prix. La Poseidon D60 fait pourtant exception, avec des choix de matériaux et de dimensions qui méritent d’être détaillés poste par poste.

Barre de son
400 x 70 x 90 mm
1,36 kg
Caisson de basses
155 x 244 x 215 mm
2,72 kg
Satellite (x2)
135 x 70 x 90 mm
470 g chacun

Dimensions et poids

La barre de son mesure 400 x 70 x 90 mm pour 1,36 kg, le caisson de basses 155 x 244 x 215 mm pour 2,72 kg, et chaque satellite 135 x 70 x 90 mm pour 470 grammes. Ces chiffres traduisent un objectif clair : tenir dans des pièces où un système haut de gamme paraîtrait encombrant.

Le seul point qui mérite une vérification avant achat concerne la hauteur de la barre, sept centimètres. C’est comparable aux références premium d’autres fabricants, mais cela peut masquer le bas d’un écran monté sur un support bas de gamme. Pour les téléviseurs fixés au mur ou posés sur un meuble prévu pour accueillir une barre de son, le problème ne se pose pas.

Un format compact aux finitions soignées

La grille métallique qui recouvre le dessus et l’avant de la barre protège les transducteurs tout en abritant les commandes tactiles et un petit écran LED qui affiche la source active et le niveau de volume. Les coins légèrement arrondis évitent l’effet « boîte » que l’on retrouve sur des modèles concurrents plus anciens.

Une fois déballé, l’ensemble surprend par sa cohérence visuelle. La barre et les satellites partagent la même hauteur et la même profondeur, ce qui évite l’effet disparate que l’on observe parfois quand un fabricant recycle des enceintes issues de gammes différentes pour composer un kit.

Des choix techniques pensés pour le rendu sonore

Le caisson, quant à lui, adopte une conception down-firing, c’est-à-dire une membrane orientée vers le sol plutôt que vers l’avant. Ce choix diffuse les basses de façon plus omnidirectionnelle et limite les zones mortes dans la pièce, un détail technique qui compte davantage que le simple volume sonore affiché sur la fiche produit. Le caisson de basses utilise par ailleurs un panneau en bois aggloméré (MDF) plutôt qu’un simple plastique moulé, un choix qui limite les vibrations parasites de la structure et améliore la tenue des graves dans le temps, en particulier à volume soutenu.

Une installation murale simplifiée

Poids emballé, dimensions du carton, poids unitaire de chaque satellite : ces chiffres paraissent anecdotiques, mais ils ont une conséquence concrète sur l’installation. Avec un poids total emballé proche de 5 kg et des satellites de moins de 500 grammes chacun, la fixation murale via les quatre supports fournis ne nécessite ni cheville renforcée ni perçage massif, ce qui simplifie sensiblement l’installation dans un logement locatif.

Un composant qu’on ne trouve pas d’habitude à ce prix

Le Poseidon D60 embarque un amplificateur entièrement numérique de la famille TAS5805M, conçu par Texas Instruments, un choix qui explique une bonne partie du comportement sonore de l’appareil. Ce composant, que l’on retrouve habituellement sur des enceintes actives et des barres de son d’un cran supérieur, traite le signal en numérique jusqu’au dernier étage avant les haut-parleurs, ce qui limite la conversion analogique et réduit le bruit de fond. Le constructeur annonce un niveau de bruit inférieur à 36 dB, un chiffre qui, dans la pratique, se traduit par une absence quasi totale de souffle audible entre deux scènes silencieuses, un défaut pourtant fréquent sur les barres de son d’entrée de gamme équipées d’amplificateurs analogiques classiques.

TAS5805M
amplificateur numérique
< 36 dB
niveau de bruit
410 W
puissance nominale

Ce choix technique justifie en partie la puissance nominale totale annoncée à 410 watts et explique pourquoi la Poseidon D60 tient mieux la comparaison face à des barres deux fois plus chères que ce que son prix laisserait supposer. Un amplificateur numérique de cette classe coûte plus cher à intégrer qu’une solution analogique basique, et son emploi ici, sur un produit à 199 euros, est une décision qui mérite d’être soulignée plutôt que passée sous silence.

Côté décodage, le kit gère l’ensemble des formats Dolby courants : Dolby Atmos, Dolby Audio, Dolby Digital, Dolby Digital Plus et Dolby TrueHD. Le niveau de pression sonore maximal (SPL) annoncé dépasse les 103 dB, une valeur confortable pour une pièce de 20 à 25 m², au-delà de laquelle le grave commence toutefois à perdre en précision, comme évoqué plus loin dans la partie consacrée à l’écoute. La technologie maison BassMAX complète le dispositif en autorisant une amplitude de vibration de la membrane du caisson allant jusqu’à 15 mm, un chiffre qui, converti en usage quotidien, se traduit par des basses capables de se faire sentir physiquement sans nécessiter un caisson deux fois plus volumineux.

HDMI, optique, USB, Bluetooth : le tour des branchements

Le panneau arrière du caisson centralise quatre types d’entrées :

HDMI eARC 2.1
Optique numérique
AUX jack 3,5 mm
USB (MP3/WAV/WMA)

L’eARC reste la meilleure option pour profiter de l’intégralité des formats Dolby (Atmos, Digital Plus, TrueHD), avec un bémol à noter honnêtement : le DTS n’est pas décodé nativement. Si le téléviseur sait convertir le DTS en PCM avant de le transmettre, l’expérience reste transparente ; dans le cas contraire, certains flux peuvent générer un bruit parasite du côté DTS-HD.

La connexion optique reste une alternative fiable pour les téléviseurs plus anciens dépourvus d’eARC, tandis que le Bluetooth 5.3 permet de diffuser sans fil depuis un smartphone, avec un basculement automatique sur le mode musique de l’égaliseur. Le revers de cette liaison sans fil : le Dolby Atmos n’est pas transmis par Bluetooth, une limitation technique commune à la quasi-totalité des barres de son de ce segment, qu’il vaut mieux connaître avant de s’étonner d’un rendu plus plat en streaming musical sans fil.

La fonction CEC mérite un mot à part, car c’est elle qui simplifie réellement le quotidien une fois l’installation terminée. Une fois la liaison HDMI établie avec un téléviseur compatible, la télécommande d’origine du téléviseur, ou celle d’un boîtier Apple TV par exemple, permet de gérer l’allumage, l’extinction et le volume de la barre de son sans manipuler la télécommande Ultimea au quotidien. Cette dernière ne redevient utile que pour changer de mode sonore ou ajuster le niveau du caisson et des satellites, des réglages que l’on modifie rarement une fois la configuration idéale trouvée. Le port USB, enfin, ne se limite pas à la lecture audio : c’est également par ce port que transitent les mises à jour de firmware détaillées plus loin, ce qui en fait une entrée à ne pas négliger même pour les utilisateurs qui n’envisagent pas d’y brancher une clé de musique au quotidien.

La télécommande, les modes EQ et les réglages surround

La télécommande, une fois ses piles AAA installées, tient bien en main et regroupe l’essentiel : sélection de source (eARC, Bluetooth, optique, AUX, USB), lecture, volume, sourdine, ainsi que deux boutons dédiés, Surround et BassMX. Contrairement à ce que leur nom laisse penser, ces deux boutons n’activent aucun traitement algorithmique sophistiqué. Ils ajustent simplement, sur trois crans (-1, 0, 1), le volume respectif des satellites arrière et du caisson de basses. Un réglage à 0 ou 1 pour les basses et à 1 pour le surround convient à la majorité des salons, mais l’ajustement final dépend surtout de la distance entre le canapé et les satellites.

EQ1 · Film
Immersion et spatialisation renforcées
EQ2 · Dialogue
Voix accentuées, meilleure intelligibilité TV
EQ3 · Musique
Basses, médiums et aigus équilibrés

L’absence d’affichage textuel complet de ces modes sur l’écran oblige à garder le manuel à portée de main les premiers jours, le temps de mémoriser les correspondances.

Débloquer plus de réglages grâce au firmware

Voilà un aspect que peu de barres de son à ce prix proposent, et qui distingue nettement la Poseidon D60 de ses concurrentes directes : la possibilité d’installer un firmware alternatif téléchargeable depuis le site d’assistance d’Ultimea. La version préinstallée porte généralement le numéro 83, mais plusieurs mises à jour sont disponibles :

v109
5 niveaux basses, 4 surround, mémoire volume
v132 / v133
Traitement du signal amélioré
v139
La plus aboutie, reprend et affine la v133

La procédure d’installation reste accessible à qui sait formater une clé USB :

  1. copier le fichier update.zip, non décompressé, sur une clé USB vide au format FAT32, d’une capacité de 128 Go maximum ;
  2. insérer la clé dans le port USB du caisson allumé, et laisser l’appareil afficher WAITING le temps de la mise à jour automatique ; le caisson bascule ensuite en veille une fois l’opération terminée ;
  3. appuyer cinq secondes sur le bouton Surround, côté droit, pour afficher et confirmer la version installée à l’écran.

Cette ouverture au firmware personnalisé, rare sur ce segment de prix, montre qu’Ultimea continue de faire évoluer le produit après sa sortie plutôt que de l’abandonner une fois vendu.

La qualité audio à l’épreuve du réel

Sur le papier, une fiche technique donne des repères. À l’usage, seule l’écoute prolongée sur des contenus variés permet de savoir si un système tient ses promesses. Voici ce que plusieurs semaines de tests, sur trois types de contenus, ont révélé.

Cinéma

Dialogues lisibles même dans le chaos d’une scène de poursuite. Explosions avec du corps ; le grave perd en netteté au volume maximal.

Jeu vidéo

Appels et impacts gagnent en présence face aux haut-parleurs TV, sans rivaliser avec un casque gaming dédié.

Musique

Mode EQ3 équilibré. La compression Bluetooth reste la limite la plus perceptible.

Précision

Réponse 40 Hz – 18 kHz. Aigus clairs, écoute confortable sur plusieurs heures.

Sur des séquences plus mécaniques, transformations métalliques, cliquetis, effets de frottement, le système restitue une couche de détail suffisante pour donner l’impression que le son vient de plusieurs directions à la fois, surtout une fois le firmware 109 ou 139 installé.

L’alignement de la barre avec la position d’écoute joue un rôle non négligeable dans le résultat final. L’angle de diffusion reste relativement resserré comparé à des modèles premium équipés de diffuseurs plus larges, mais une fois la barre correctement centrée par rapport au canapé, la répartition du son reste homogène, que l’on soit assis seul au centre ou à plusieurs, répartis sur toute la largeur du canapé. Les satellites arrière, quant à eux, complètent efficacement le rendu horizontal de la barre lorsqu’ils sont positionnés derrière ou sur les côtés de la zone d’écoute, sans créer de rupture perceptible entre le son frontal et le son arrière, un équilibre pas toujours garanti sur des kits d’entrée de gamme où les satellites sonnent souvent nettement plus faible que la barre principale.

Faut-il craquer pour la Poseidon D60 ?

Après plusieurs semaines d’utilisation sur des contenus variés, le verdict tient en une phrase : pour moins de 200 euros, difficile de trouver un ensemble aussi complet. La compatibilité Dolby Atmos, l’amplificateur numérique TAS5805M, le kit 5.1 livré d’un bloc et la possibilité de faire évoluer l’appareil via le firmware forment un ensemble cohérent, rarement réuni à ce niveau de prix. Les limites existent et méritent d’être connues avant l’achat : DTS non natif, réglages surround et basses cantonnés à trois crans, médiums parfois en retrait selon certains utilisateurs, basses qui perdent en précision à volume maximal.

POINTS FORTS
Amplificateur TAS5805M
Kit 5.1 complet livré d’un bloc
Firmware évolutif
SAV réactif
LIMITES
DTS non natif
Réglages sur 3 crans (sans firmware)
Médiums en retrait selon certains
Grave flou au volume maximal

Pour un premier système home cinéma, une chambre, un petit salon ou une configuration gaming, la Poseidon D60 remplit largement son contrat. Pour une salle dédiée exigeante en précision acoustique, mieux vaut regarder vers une gamme supérieure, chez Ultimea ou ailleurs, quitte à multiplier le budget par trois.

Reste une dernière question, souvent négligée dans les avis qui se limitent à la fiche technique : que se passe-t-il après l’achat. Sur ce point précis, la combinaison d’un firmware évolutif et d’un service après-vente qui répond réellement aux réclamations pèse davantage, sur la durée, que la présence ou non d’un dixième de watt supplémentaire annoncé sur l’emballage.

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