pCloud affiche « jusqu’à 10 Go gratuits » en gros sur sa page d’inscription. La formule est honnête sur le papier, trompeuse en pratique. Vous ne recevez pas 10 Go en validant votre adresse mail. Vous en récupérez 4, et le reste se mérite. Voici le détail que les comparatifs oublient systématiquement de mentionner.
La vraie répartition des 10 Go gratuits
À la création du compte, pCloud crédite votre espace de 4 Go. Point. Les 6 Go supplémentaires restent verrouillés et apparaissent grisés dans votre interface. Pour les débloquer, il faut passer par ce que pCloud appelle le « tutoriel débutant », qui est en réalité une checklist d’actions à valider.
Vérifier votre adresse email débloque 1 Go. Téléverser un premier fichier en ajoute 1 autre. Installer l’application de bureau ou mobile vous fait passer la barre des 6 Go. Activer le téléversement automatique des photos depuis votre smartphone monte la jauge à 7 Go. Vous arrivez ainsi assez vite à un seuil utilisable sans effort démesuré.
Les 3 Go restants se débloquent uniquement par parrainage. Chaque ami qui s’inscrit via votre lien personnalisé vous rapporte 1 Go, et votre filleul reçoit la même chose en bonus de bienvenue. Le plafond est fixé à 10 invitations validées maximum. Si vous n’avez personne à parrainer, vous resterez bloqué à 7 Go. C’est rarement précisé dans les articles qui vendent pCloud comme un cloud gratuit généreux.
Combien de Go gratuits chez les concurrents en 2026
Le tableau du stockage gratuit a peu bougé ces dernières années. Voici les volumes réels offerts par les principaux acteurs aujourd’hui.
Sur le seul critère du volume gratuit, pCloud n’est donc pas en tête. Sur celui des fonctionnalités incluses et de la stabilité juridique (siège en Suisse, datacenters au Luxembourg), il garde une longueur d’avance.
Le problème dont les comparatifs ne parlent jamais
Avant de migrer toutes vos données vers pCloud Free, un point mérite d’être posé sur la table. Sur r/pcloud et r/cloudstorage, plusieurs utilisateurs signalent depuis 2023 des suspensions de compte sans avertissement préalable.
Le mécanisme identifié est le scan par empreinte de fichier (hash matching). pCloud détecte les contenus protégés par copyright dans les fichiers non chiffrés stockés sur ses serveurs. Si vous uploadez un film, une série ou un album musical clairement identifié comme protégé, le compte peut être suspendu d’un coup.
Cela concerne en théorie tous les utilisateurs, y compris ceux du plan gratuit. La parade existe et s’appelle pCloud Crypto, mais elle est payante. Pour un usage personnel classique (documents, photos de famille, sauvegardes), le risque reste théorique. Pour stocker une médiathèque acquise en dehors des plateformes officielles, mieux vaut savoir à quoi s’attendre.
À qui s’adresse vraiment la version gratuite de pCloud ?
10 Go, c’est peu si vous comparez avec les offres premium qui démarrent à 500 Go. C’est beaucoup si vous calculez en termes d’usage réel. Un utilisateur lambda accumule rarement plus de 5 Go de documents bureautiques sur une décennie. Les photos prises au smartphone tournent autour de 2 à 4 Mo par cliché, ce qui laisse de la marge pour plusieurs milliers d’images.
Le plan gratuit pCloud cible un cas d’usage précis : sauvegarder ses fichiers importants (documents administratifs, photos triées, projets en cours) sans dépendre d’un disque dur externe susceptible de tomber en panne. Pour archiver une vidéothèque familiale en 4K ou sauvegarder un disque système complet, il faudra basculer sur un plan payant. Le Premium Plus 2 To en lifetime à 399 € reste l’offre la plus rentable au-delà de quatre ans d’utilisation, comme nous l’avons calculé dans notre analyse pCloud Lifetime.
L’intérêt du plan gratuit, c’est surtout de tester le service sans engagement avant de s’engager dans un lifetime. Vous testez la synchronisation, l’interface, la rapidité des transferts depuis votre connexion, le comportement de l’application mobile. Si après deux ou trois mois d’usage régulier vous êtes satisfait, le passage au lifetime devient une décision éclairée plutôt qu’un pari à l’aveugle.
