Sur la fiche technique d’une enceinte Bluetooth, d’écouteurs de sport ou d’un smartphone, le sigle apparaît presque toujours en bas de liste, entre le poids et l’autonomie : IPX4, IPX7, IP67, parfois IP68/IP69. Ces quelques caractères résument des heures d’essais en laboratoire. Ils sont pourtant souvent mal lus, et les guides qui circulent en ligne se contredisent sur des points aussi simples que le diamètre d’une buse ou la durée d’une immersion.
Ce guide reprend la norme IP d’étanchéité depuis sa source, la publication IEC 60529. Il détaille ce que valent concrètement IPX5, IPX6 et IPX7, et explique une règle que presque personne ne mentionne : un appareil capable de passer trente minutes au fond d’une piscine n’a pas forcément résisté à un simple jet d’eau.
Pourquoi l’eau abîme l’électronique ?
L’eau pure conduit très mal le courant. Celle du robinet, la pluie ou la sueur contiennent des sels minéraux dissous, donc des ions, et c’est cette charge qui pose problème. Au contact d’un circuit imprimé sous tension, le liquide crée des chemins électriques entre des pistes qui ne devraient jamais communiquer. Résultat : un court-circuit, un composant grillé, un appareil qui s’éteint net.

Les dégâts ne s’arrêtent pas au moment du contact. Une goutte qui sèche laisse un dépôt minéral, et ce dépôt continue d’attaquer les soudures et les connecteurs par corrosion. Un téléphone qui redémarre sans souci après un bain forcé peut montrer des pannes de charge ou d’affichage plusieurs semaines plus tard. La sueur et l’eau de mer, très chargées en sel, accélèrent le phénomène.
Une norme internationale née en 1989
L’indice de protection est défini par la Commission électrotechnique internationale (CEI, ou IEC en anglais) dans la norme IEC 60529. Sa première édition sous ce numéro date de 1989 ; elle succède à la publication IEC 529, parue en 1976. L’Europe l’a transposée sous la référence EN 60529. L’Allemagne disposait de sa propre version, la DIN 40050, et le Royaume-Uni de la BS 5490, deux textes aujourd’hui remplacés.
Le secteur automobile, dont les véhicules embarquent toujours plus d’électronique, des calculateurs moteur jusqu’aux usages de la réalité augmentée dans l’industrie automobile, utilise une norme voisine, l’ISO 20653. C’est elle qui est à l’origine du suffixe K que l’on retrouve dans IP69K.
Le sigle IP se développe en « Ingress Protection » chez les anglophones, parfois en « International Protection ». Il s’applique à tout matériel électrique, sur batterie comme sur secteur : une enceinte de salle de bain, une armoire électrique de chantier ou un débitmètre installé dans un regard d’égout relèvent du même système de classement.
Lire un code IP chiffre par chiffre
Le code se compose des lettres IP suivies de deux caractères. Le premier concerne les corps solides et va de 0 à 6. Le second concerne l’eau et va de 0 à 9. Chaque chiffre se lit séparément : IP67 signifie « niveau 6 pour la poussière, niveau 7 pour l’eau », et non « soixante-sept ». Un IP54 n’est donc pas inférieur à un IPX7 dans l’absolu. Il protège mieux contre la poussière et moins bien contre l’immersion.
Bon à savoir : les lettres facultatives
La norme prévoit aussi des lettres facultatives, rarement visibles sur les produits grand public. Une lettre additionnelle, de A à D, précise la protection des personnes contre l’accès aux parties dangereuses, du dos de la main jusqu’au fil de 1 mm. Une lettre supplémentaire peut ensuite décrire les conditions d’essai. H désigne un matériel haute tension. M indique que l’appareil était en mouvement pendant le test à l’eau, S qu’il était immobile. W signale un essai dans des conditions météorologiques définies. La lettre F, que certains guides associent à la résistance aux huiles, ne figure pas dans l’IEC 60529.
Le premier chiffre : des doigts à la poussière de talc
Plus le chiffre monte, plus la barrière arrête des objets fins. Le niveau 0 correspond à l’absence de protection. Le niveau 1 bloque les objets de plus de 50 mm, soit un dos de main posé par accident. Le niveau 2 descend à 12,5 mm, la taille d’un doigt. Au niveau 3, rien de plus gros que 2,5 mm ne passe, ce qui écarte un tournevis ou un fil épais. Le niveau 4 va jusqu’à 1 mm : trombones, fils fins, fourmis.
La frontière entre 5 et 6
Un appareil IP5X est « protégé contre les poussières » : un peu de poussière peut entrer, tant qu’elle ne gêne ni le fonctionnement ni la sécurité. Un appareil IP6X est « étanche aux poussières », et rien ne doit pénétrer.
Pour ces deux niveaux, l’essai se déroule dans une chambre où circule une poudre de talc tamisée à 75 micromètres. Selon la conception du boîtier, une pompe crée une légère dépression à l’intérieur pour aspirer la poussière, et le test peut durer jusqu’à huit heures.
Pour la plage, un chantier ou un sentier de randonnée, un premier chiffre de 5 ou 6 change la vie d’un appareil. Le sable fin finit toujours par se loger dans la grille d’une enceinte ou sous les boutons d’une montre.
La lettre X, source de malentendus
Le X remplace un chiffre quand l’appareil n’a pas été testé pour ce critère. Le 0, lui, déclare une absence de protection. Un appareil IPX7 n’est donc pas réputé perméable à la poussière. Le fabricant n’a simplement pris aucun engagement sur ce point, faute d’avoir payé l’essai.
Ce choix a une logique économique. Chaque passage en laboratoire a un coût, et l’on part du principe qu’un boîtier capable de supporter une immersion arrête aussi les grosses particules. Pour des écouteurs True Wireless rangés dans leur étui entre deux séances, la résistance à la transpiration passe avant la poussière, d’où les nombreux IPX4 du marché.
Attention au piège du X
Le raisonnement a ses limites. Des écouteurs passent leurs journées au fond d’une poche ou d’un sac de sport, là où s’accumulent peluches et poussière. Sur ce type d’appareil, un indice IP54 renseigne davantage sur la durée de vie réelle qu’un IPX7 flatteur.
Le cas inverse existe. Un matériel classé IP2X est protégé contre les objets de plus de 12,5 mm, mais personne ne l’a évalué face aux liquides, ce qui se justifie pour un équipement installé dans un local sec.
Le second chiffre : de la goutte d’eau au nettoyeur haute pression
Le second chiffre mélange deux familles d’essais. Les niveaux 1 à 6 simulent de l’eau qui tombe ou qui frappe l’appareil, les niveaux 7 et 8 l’y plongent. Le niveau 9 relève d’une logique industrielle à part.
Les trois niveaux détaillés dans ce guide : IPX5, IPX6 et IPX7.
IPX1 à IPX4 : la pluie et les éclaboussures
Les quatre premiers niveaux reproduisent la pluie. En IPX1, l’appareil reçoit pendant dix minutes des gouttes verticales, à raison d’un millimètre de pluie par minute. L’IPX2 passe à trois millimètres par minute, l’appareil étant incliné à 15° dans quatre positions successives. L’IPX3 simule une pluie qui arrive jusqu’à 60° de la verticale, projetée par un tube oscillant ou une pomme d’arrosoir à 10 litres par minute, sous une pression de 50 à 150 kPa, pendant au moins cinq minutes. L’IPX4 reprend le même dispositif, cette fois dans toutes les directions.
L’IPX4 est l’indice des éclaboussures et de la sueur. Il suffit pour courir sous une averse ou encaisser un entraînement intense. En revanche, une pluie battante prolongée peut dépasser ce qu’il garantit, la douche est déconseillée et la baignade exclue.

IPX5, IPX6, IPX7 : trois épreuves qui n’ont rien à voir
C’est sur ces trois niveaux que les guides se contredisent le plus. Voici les valeurs du texte de l’IEC 60529.
- Buse
- 6,3 mm
- Débit et pression
- 12,5 l/min, environ 30 kPa
- Durée
- 3 minutes minimum
- Au quotidien
- Rinçage sous le robinet, forte pluie
- Buse
- 12,5 mm
- Débit et pression
- 100 l/min, environ 100 kPa
- Durée
- 3 minutes minimum
- Au quotidien
- Paquets de mer, enceintes d’extérieur fixes
- Profondeur
- 1 mètre
- Durée
- 30 minutes
- Jets d’eau
- Non testés sans double marquage
- Au quotidien
- Chute en piscine peu profonde, rinçage complet
Distance du jet pour IPX5 et IPX6 : 2,5 à 3 mètres, une minute par mètre carré de surface.
IPX5 : le jet d’eau
L’appareil est arrosé depuis toutes les directions par une buse de 6,3 mm de diamètre, avec un débit de 12,5 litres par minute et une pression d’environ 30 kPa, à une distance de 2,5 à 3 mètres. L’essai dure une minute par mètre carré de surface, avec un minimum de trois minutes. Les chiffres qui circulent parfois, quinze minutes d’arrosage ou une buse de 12,5 mm, ne correspondent pas au niveau 5. Concrètement, un appareil IPX5 supporte un rinçage sous le robinet et une forte pluie. Sous la douche, il tient souvent, mais l’eau chaude et le savon ne font pas partie de l’essai.
IPX6 : le jet puissant
La buse passe à 12,5 mm, le débit monte à 100 litres par minute sous environ 100 kPa, toujours à 2,5 ou 3 mètres, pendant trois minutes au minimum. Un tuyau d’arrosage domestique débite en général entre 15 et 20 litres par minute : l’essai IPX6 envoie donc cinq à six fois plus d’eau. C’est le niveau retenu pour le matériel exposé aux paquets de mer sur un bateau, ou pour les enceintes d’extérieur fixes. L’Elipson Rain 6, par exemple, est certifiée IP66 pour rester en terrasse ou en bord de mer toute l’année.
IPX7 : l’immersion
L’appareil est plongé de façon à ce que son point le plus bas se trouve à un mètre de profondeur, et son point le plus haut à au moins 15 cm sous la surface, pendant trente minutes. L’eau doit être à une température proche de celle de l’appareil, à 5 °C près. Une enceinte comme la Sony SRS-XB13, classée IP67, survit donc à une chute dans une piscine peu profonde ou à un rinçage complet. Nager avec reste possible de temps en temps, sans plonger : la pression augmente vite avec la profondeur.
Un IPX7 n’a pas forcément passé l’épreuve IPX5
Voici le point que l’on oublie presque toujours, alors qu’il répond directement à la question « IPX6 ou IPX7 ? ». Jusqu’au niveau 6, la norme fonctionne par cumul : un appareil IPX6 satisfait aussi aux exigences des niveaux 5, 4, 3, 2 et 1. Au-delà, le cumul s’arrête.
L’IEC 60529 précise qu’une enveloppe marquée uniquement 7 ou 8 n’est pas considérée comme adaptée aux jets d’eau des niveaux 5 et 6, sauf si elle porte un double marquage. La physique explique cette règle. Une immersion statique exerce une pression faible et uniforme sur tout le boîtier. Un jet concentre une force importante sur un point précis, un joint de bouton ou une grille de haut-parleur, et change d’angle en permanence. Un boîtier qui tient parfaitement au fond d’un bassin peut laisser passer l’eau d’une lance.
Repérer le double marquage
Les fabricants qui ont testé les deux conditions l’indiquent avec une barre oblique. Sony a longtemps affiché IP65/IP68 sur ses Xperia, et l’Oppo Find X8 Pro, sorti fin 2024, annonce IP68 et IP69. Les écritures IPX5/IPX7 ou IP66/IP67 suivent le même principe. En l’absence de double marquage, un appareil IPX7 doit être considéré comme non testé face aux jets.
La conséquence pratique est simple. Pour rincer une enceinte au tuyau après une journée de plage, ou pour garder ses écouteurs sous une douche puissante, un double marquage apporte une garantie que l’IPX7 seul ne donne pas.
IPX8, IPX9K et IP69 : les niveaux extrêmes
Au-delà de l’IPX7, la logique de la norme change deux fois. Avec l’IPX8, elle cesse de fixer les conditions d’essai et laisse le fabricant décider de la profondeur et de la durée. Avec le niveau 9, on quitte l’immersion pour revenir au jet d’eau, mais à une pression et une température qu’aucune douche n’atteint. Ces deux indices se lisent donc avec la fiche du constructeur sous les yeux.
IPX8 : des conditions fixées par le fabricant
L’IPX8 est le seul niveau dont les conditions ne sont pas fixées par la norme. Elles sont définies par le fabricant, avec une seule contrainte : être plus sévères que l’IPX7. D’où les écarts d’un modèle à l’autre. Samsung annonce pour ses Galaxy S une immersion à 1,5 mètre pendant trente minutes, Apple garantit ses iPhone depuis le modèle 12 jusqu’à 6 mètres pendant la même durée. Les formules toutes faites comme « entre 1 et 3 mètres » ou « 24 heures » ne valent donc rien sans la fiche du constructeur. En 2021, le Galaxy Z Fold 3 est devenu le premier smartphone pliable classé IPX8, une prouesse pour un appareil doté d’une charnière.
IP69 et IP69K : le nettoyeur vapeur
Le niveau 9 a été ajouté à l’IEC 60529 en 2013, mais il vient de l’ISO 20653, conçue pour les véhicules. L’essai projette de l’eau à 80 °C, sous une pression de 8 000 à 10 000 kPa (80 à 100 bars), avec un débit de 14 à 16 litres par minute, à 10 ou 15 cm de l’appareil. Quatre angles sont testés, trente secondes chacun. On parle d’IP69 dans la norme IEC et d’IP69K dans sa version automobile. Ce niveau concerne les poids lourds lavés au nettoyeur vapeur et les équipements de l’industrie agroalimentaire, désinfectés chaque jour à haute température.
IP68 ou IP69 sur un smartphone ?
Sur un téléphone, la mention relève surtout de l’argument commercial. Aucun usage domestique ne soumet un appareil à un jet de 80 °C sous 100 bars. Entre deux modèles, la différence entre IP68 et IP69 ne se verra jamais, alors que la qualité de l’écran ou l’autonomie se remarquent tous les jours.
Comment un appareil obtient son indice ?
Le fabricant choisit d’abord le niveau visé, puis soumet son produit au banc d’essai correspondant. Le critère de réussite est précis : après l’essai, l’eau ou la poussière éventuellement entrée ne doit ni empêcher le bon fonctionnement, ni compromettre la sécurité. Si le seuil est dépassé, l’appareil échoue et le fabricant vise un niveau inférieur ou revoit ses joints.
L’IEC 60529 n’impose pas de passer par un organisme tiers. Beaucoup de marques font toutefois appel à des laboratoires accrédités comme SGS, TÜV ou Intertek, dont le rapport sert de preuve en cas de litige. Chaque campagne d’essais a un coût qui se répercute sur le prix final. Cela explique pourquoi les fabricants ne testent que ce qui sert leur argumentaire, et pourquoi tant d’appareils portent un X.
Tous ces essais sont réalisés sur un appareil neuf, en environnement contrôlé, avec de l’eau douce. Ces trois conditions pèsent lourd dans la vie réelle, on y revient plus bas.
Quel indice choisir selon l’appareil ?
Un même indice ne se juge pas de la même façon sur des écouteurs, une enceinte de piscine ou une armoire électrique. Le bon niveau dépend de l’endroit où l’appareil vit : dans une poche pendant un footing, au bord d’un bassin, dehors toute l’année ou au poignet d’un nageur. Voici ce qu’il faut viser, famille par famille.
Écouteurs de sport
Un IPX4 suffit à encaisser la transpiration et une averse, et un IPX5 permet de les rincer sous le robinet. Un IPX7 n’apporte pas grand-chose aux nageurs, car le signal Bluetooth traverse très mal l’eau : la musique se coupe dès que la tête passe sous la surface.
Enceintes Bluetooth portables
Une enceinte portable peut se contenter d’aucun indice par beau temps. Au bord d’une piscine, ou si vous avez tendance à l’oublier dehors sous la rosée du matin, l’IPX7 devient le minimum raisonnable. Pour la plage, visez l’IP67, qui ajoute l’étanchéité au sable fin. Dans une salle de bain ou près d’un spa, un IPX4 couvre les projections et l’humidité ambiante.
Installations extérieures et salle de bain
À l’extérieur, les installations fixes demandent davantage, car elles restent dehors toute l’année. Les téléviseurs Samsung The Terrace sont classés IP55, ce qui leur permet d’affronter la pluie, l’arrosage automatique et les jeux d’enfants au jardin. Les téléviseurs miroir de Wemoove, pensés pour remplacer le miroir d’une salle de bain, sont conçus pour résister à la vapeur et aux éclaboussures.
Matériel industriel
Dans l’industrie, la logique est la même. Les débitmètres et enregistreurs installés sur les réseaux d’eau sont presque tous IP67 ou IP68, parce qu’un regard peut se remplir lors d’un orage. Les armoires électriques extérieures affichent souvent IP54 ou IP55 : la première résiste aux éclaboussures, la seconde supporte en plus le passage d’une lance de nettoyage.
Montres

Les montres obéissent à une règle distincte. Leur étanchéité s’exprime généralement en mètres ou en ATM selon la norme ISO 22810, pensée pour la natation. L’Apple Watch Ultra, par exemple, est donnée étanche à 100 mètres selon l’ISO 22810 et résistante à la poussière selon l’IP6X. Un indice IP sur une montre ne dit rien de sa tenue en natation répétée.
Ce que la norme ne couvre pas
Un indice IP décrit le résultat d’un essai précis, réalisé un jour donné, sur un appareil neuf plongé dans de l’eau douce. Tout ce qui sort de ce cadre échappe à la norme : l’eau de mer, les années d’usage, les liquides du quotidien, et les conditions de garantie des fabricants. Ce sont justement ces angles morts qui expliquent la plupart des mauvaises surprises.
Des essais à l’eau douce
L’eau de mer et l’eau chlorée attaquent les joints en caoutchouc et favorisent la corrosion des contacts, un processus que l’indice ne mesure pas. Après une baignade, un rinçage à l’eau claire, sans savon, prolonge nettement la vie de l’appareil. Les liquides du quotidien posent d’autres problèmes. Le café, les sodas ou l’alcool laissent des résidus sucrés ou acides sur les joints, et l’eau savonneuse s’infiltre plus facilement que l’eau pure car elle mouille mieux les surfaces.
Un indice valable pour un appareil neuf
Les joints durcissent avec les années, une chute peut microfissurer un boîtier sans trace visible, et un changement d’écran effectué hors réseau agréé fait souvent perdre l’étanchéité d’origine. Un smartphone IP68 acheté il y a trois ans n’a plus forcément la tenue d’un modèle sorti de boîte. La chaleur extrême d’un sauna ou le froid d’un hiver canadien fragilisent eux aussi les matériaux.
Une réparation après un dégât des eaux pose aussi la question de vos données, puisque le réparateur a souvent besoin d’un appareil déverrouillé. Chiffrer ses dossiers sensibles avant de confier son téléphone règle le problème ; notre avis sur pCloud Encryption détaille ce que vaut le chiffrement zero-knowledge dans ce cas.
Des garanties qui excluent l’eau
Garantie et dégâts des eaux
La plupart des garanties excluent les dégâts des eaux, y compris sur des appareils IP68. Apple l’écrit dans les conditions de garantie de l’iPhone, qui intègre des indicateurs de contact avec un liquide, et Samsung applique la même exclusion. Certains fabricants de montres dotées d’un mode natation excluent aussi l’eau de leur garantie, car manipuler les boutons sous l’eau peut rompre l’étanchéité. Un indice élevé sert à survivre à un accident. Il n’autorise pas un usage aquatique délibéré.
Aucun indice IP ne protège vos photos ni vos documents. Si l’appareil ne s’en remet pas, seule une sauvegarde faite avant l’accident permet de tout récupérer. Notre comparatif des services de stockage cloud aide à choisir une solution de sauvegarde automatique avant de partir à la plage ou en randonnée.
Au-delà de l’IP : NEMA, MIL-STD-810H et pochettes étanches
Aux États-Unis et au Canada, le matériel électrique est classé selon les indices NEMA, qui couvrent aussi la corrosion, le givre et les atmosphères explosives. Il n’existe aucune équivalence officielle avec l’IP, mais une grille indicative est reconnue par la plupart des industriels :
- NEMA 3 correspond à peu près à IP54.
- NEMA 4 et NEMA 4X correspondent à IP66, le X signalant une résistance supplémentaire à la corrosion.
- NEMA 6 correspond à IP67, et NEMA 6P à IP68.
- NEMA 12 correspond à IP52.
Ces rapprochements ne valent que pour l’étanchéité. Un boîtier IP66 n’offre pas pour autant la tenue à la corrosion d’un NEMA 4X.
Pour les smartphones durcis, la référence complémentaire est la MIL-STD-810H, une norme du département de la Défense américain qui décrit 29 méthodes d’essai : chocs, vibrations, altitude, froid, brouillard salin, sable. Le Cat S62 Pro, par exemple, cumule un IP68 et une conformité à cette norme. Le fabricant choisit toutefois les méthodes qu’il applique et réalise souvent les tests lui-même. La mention indique un niveau de robustesse général, sans garantir l’appareil contre tout.

Astuce : la pochette étanche
Un appareil sans indice n’est pas condamné à rester loin de l’eau. Une pochette étanche classée IPX8, vendue quelques euros avec un cordon tour de cou, protège un smartphone pour une journée de plage ou de kayak.
Votre appareil a pris l’eau : les bons réflexes
Les premières minutes comptent plus que tout le reste. Voici l’ordre à suivre :
- Éteignez l’appareil et ne le branchez surtout pas, car charger un appareil encore humide est la façon la plus rapide de provoquer un court-circuit.
- Si l’eau était salée ou chlorée et que l’appareil est classé IP67 ou IP68, rincez-le brièvement à l’eau douce.
- Séchez l’extérieur avec un chiffon non pelucheux et vérifiez que les caches des ports (carte SIM, microSD, USB sur les modèles qui en ont) sont bien fermés.
- Tapotez doucement l’appareil contre votre main, connecteur vers le bas, pour évacuer l’eau des ports.
- Laissez-le dans un endroit sec et ventilé, et attendez au moins trente minutes avant de tenter une recharge, jusqu’à une journée entière si l’iPhone affiche une alerte de détection de liquide.
À éviter
Deux méthodes répandues sont à oublier. Le sèche-cheveux déforme les joints et les colles avec sa chaleur. Le sac de riz, longtemps conseillé, est déconseillé par Apple dans sa documentation d’assistance depuis 2024, car de fines particules d’amidon peuvent se loger dans les connecteurs.
Un ordinateur portable qui redémarre après un verre renversé mais multiplie les erreurs et les ralentissements mérite un diagnostic rapide. Un dépannage informatique à distance permet de vérifier l’état du système et de mettre les fichiers à l’abri avant que le matériel ne lâche pour de bon.
Un appareil qui semble fonctionner après l’accident mérite une surveillance pendant quelques semaines, le temps de s’assurer que la corrosion n’a pas commencé son travail. Profitez-en pour mettre en place une sauvegarde durable.
